Le coaching pour la mobilisation d’acteurs privés permet la construction d’un espace de santé adapté dans une localité rurale

{Crédit photo : Barnabé Tchoudji.} Des femmes dans la salle d’attente nouvellement construite attendant que leur enfant reçoive leur vaccin.Crédit photo : Barnabé Tchoudji.

Le Gouvernement du Bénin ambitionne de mettre en place un système de santé qui offre à chaque citoyen des services de santé de qualité de façon pérenne tout en donnant plus de responsabilités aux élus locaux. Cependant, les dotations de l’Etat ne pouvant permettre de couvrir l’ensemble du budget nécessaire, en particulier dans les situations d’urgence, les autorités locales ont été amenées à chercher d’autres sources de financement pour la prise en charge de leurs administrés. Ce fut le cas par exemple à Abadago, une localité de 11 788 habitants, située dans le département du Plateau.

Abadago disposait d’une paillote dans son centre de santé qui avait une grande importance puisqu’elle servait de salle d’attente pour les mères de famille venues faire vacciner leurs enfants ainsi que pour l’accueil de femmes venues pour des consultations prénatales (CPN) et post natales (CPoN). En complément, le bâtiment servait pour les activités de suivi des relais communautaires, effectuées de manière mensuelle, ainsi que pour les réunions du personnel et des membres du Comité de Gestion de Centre de Santé (CoGeCS).

Malheureusement, bâtie avec des matériaux précaires, la paillote fut emportée par une pluie diluvienne en octobre 2019, mettant en péril la poursuite des activités de vaccination, des consultation pré et post-natales et les réunions du personnel.

Heureusement, au moment de cet événement, la commune recevait le soutien du Projet Integrated Health Services Activity de l’USAID afin de renforcer les capacités des leaders communautaires et des membres du CoGeCS d’Abadago sur la manière de négocier, de plaider et de développer et renforcer une collaboration avec les parties prenantes. Avec cette formation, les compétences acquises et l’intérêt du secteur privé pour le domaine de la santé, les leaders locaux ont commencé un démarchage pour trouver un donateur. Grâce à ce travail, le président du comité de santé de la zone sanitaire a ainsi pu contacter et convaincre un donateur qui s’est montré réceptif aux problèmes causés par l’effondrement de la paillote et qui a financé la reconstruction de cette paillote avec des matériaux définitifs.

La construction de ce nouveau bâtiment a été vécu comme un soulagement par la population et le personnel soignant car, comme l’indique Mme Martine Akande, la responsable du centre de santé, elle a permis de pouvoir de nouveau accueillir les femmes et leurs enfants ainsi que les professionnels de santé à l’abri du soleil. Ce travail a permis également une nette amélioration du confort et du respect des mesures d’hygiène pour les patients avec un sol en dur, des bancs qui permettent un respect strict des mesures barrières contre la COVID-19 et la garantie d’une architecture qui résistera aux aléas du temps.

[Une paillote similaire à celle détruite en octobre 2019.] {Crédit photo : Barnabé Tchoudji}Une paillote similaire à celle détruite en octobre 2019.Crédit photo : Barnabé Tchoudji

Grâce à ces efforts, des résultats ont également suivi ces investissements. Le taux de fréquentation totale a vu une augmentation de 6 points entre juillet 2019 et décembre 2020, accompagnée par une meilleure couverture pour les soins principaux effectués dans ce centre, à savoir la vaccination et les consultations prénatales et post natales. Entre juillet 2019 et décembre 2020, le taux de vaccination est passé de 75 à 97% alors que dans le même temps le taux de couverture des CPN est passé de 70 à 126% (ce taux supérieur à 100% vient du fait que beaucoup de femmes viennent de plus loin et sont en dehors de l’aire de couverture du centre de santé) et celui des CPoN de 35 à 51%.

Suite à cette première expérience positive, les habitants d’Abadago souhaitent poursuivre les activités de mobilisation de ressources financières afin de trouver un investisseur pour assurer le raccordement du centre de santé au réseau électrique conventionnel. Un éclairage permettra ainsi une fréquentation encore plus importante du centre de santé, permettant un plus grand confort dans les situations d’urgence comme les accouchements de nuit et permettant la continuité des soins sans crainte et sans risque dans l’obscurité.

Par son caractère nécessaire et urgent, ce défi a permis de montrer les capacités des leaders communautaires pour négocier et chercher des solutions aux problèmes de leur formation sanitaire sans demander d’aide à l’Etat. Pour continuer et pérenniser ces actions, l’Activité va travailler avec les leaders communautaires pour développer des plans de résolution des problèmes sur les activités de coaching réalisées pour que ces derniers puissent continuer à mobiliser des ressources venant du secteur privé une fois que le travail de l’Activité aura pris fin.