La santé communautaire au cœur du développement local

{Crédit photo : Méré Chabi Boum} Participants à une formation sur la supervision des activités.Crédit photo : Méré Chabi Boum

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Écrit par Méré Chabi Boum, spécialiste en système de santé communautaire pour l’Activité de Services de Santé Intégrés de l’USAID, mise en œuvre par Management Sciences for Health.

Les relais communautaires jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de la santé de la population. Dans les neuf communes de l’Atacora au Bénin par exemple, ces derniers sont responsables de plusieurs activités qui comprennent la prise en charge des cas de paludisme simple, de diarrhée, d’infections respiratoires, la provision de paquets promotionnels sur les thématiques relatives à la santé au sein de la communauté, les visites à domicile et enfin, le dépistage et le référencement des enfants malnutris de moins de cinq ans.

Malheureusement, le financement de ces derniers dépend bien souvent d’entreprises privées, d’organisations non gouvernementales ou d’agences de développement, ce qui pose un problème de pérennité avec un risque d'arrêt de la délivrance des soins si ces financements venaient à s’arrêter.

Le Gouvernement du Bénin, à travers le Ministère de la Santé, a créé en 2019 le Fonds d’Appui au Développement des Communes (FADeC), un mécanisme de transfert de ressources du niveau central vers le niveau local pour permettre aux communes de prendre en charge la santé communautaire. Le FADeC est chargé, entre autres, de rendre les activités de santé communautaire pérennes, d’assurer une meilleure supervision des relais communautaires par le niveau local et de permettre aux communes de prendre la responsabilité de la gestion de leur propres fonds et budget dédiés à la santé communautaire.

De plus, l’Activité de Services de Santé Intégrés de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) a soutenu le Gouvernement du Bénin dans la mise en œuvre de ce mécanisme par les communes, à la fois dans la supervision des relais communautaires et dans la bonne gestion des fonds pour permettre le paiement de ces derniers. Afin d’assurer une bonne compréhension commune du mécanisme, l'activité a effectué une promotion active et a expliqué les directives de gestion des fonds aux communes et a développé avec ces dernières un guide de supervision des relais communautaires. Pour sa mise en œuvre, les maires de chaque commune de l’Atacora ont nommé un Point focal chargé de superviser les relais communautaires.

Renforcer les capacités de supervision dans les communes

Afin de renforcer les capacités de supervision des Points focaux de santé, l’activité a effectué des séances informatives sur les indicateurs de santé communautaire clés, définis par le Ministère de Santé, pour réduire la morbidité et mortalité des enfants de moins de 5 ans, en particulier dans la prise en charge des enfants souffrants de fièvre, du paludisme, de diarrhée, de toux ou dans la vérification du statut vaccinal non à jour. Ces derniers ont également reçu une formation pour l’utilisation d’un outil de collecte de ces données de santé communautaire.

Ce travail a permis des résultats probants pour l’ensemble des indicateurs de santé au niveau communautaire. Par exemple, le nombre d’enfants âgés entre 6 et 59 mois dans le département de l’Atacora, souffrants de fièvre, avec un test diagnostic rapide positif, traités avec une combinaison thérapeutique à base d'artémisinine et reçus par un relais communautaire, est passé de 6 465 entre juillet et septembre 2019 à 31 899 pour la même période en 2020. Ces trois mois constituent la période de forte transmission du paludisme. Ces résultats montrent non seulement une amélioration de l’utilisation des services mais également une amélioration de la qualité des soins du paludisme.

Grâce à ce soutien technique, les Points focaux santé ont les capacités requises pour le suivi effectif et l’évaluation de la performance des relais communautaires (en coordination avec les Infirmiers Chefs de Poste des aires sanitaires et les Chargés de recherche de mobilisation sociale des zones sanitaires). De plus, les Points focaux de santé sont désormais responsables pour présenter la situation de la santé communautaire à des élus locaux lors des conseils communaux mensuels, une autre étape importante pour assurer la pérennité de ces efforts. 

[Signature par les relais communautaires de leur certificat de travail dans la commune de Cobly. Crédit photo : Méré Chabi Boum]Signature par les relais communautaires de leur certificat de travail dans la commune de Cobly. Crédit photo : Méré Chabi Boum 

Assurer le paiement des relais communautaires grâce au FADeC

En complément du soutien à la mise en œuvre de la supervision des relais communautaires, l’activité a également aidé les communes de l’Atacora dans l’utilisation des fonds pour le paiement des relais communautaires. Pour ce faire, l’activité a disséminé les directives nationales du Bénin pour la gestion des fonds et a aidé les communes à élaborer des cahiers des charges, un contrat avec des objectifs spécifiques pour justifier le paiement des relais communautaires, que chaque relais communautaire a signé.

Chaque mois, les relais communautaires déposent un rapport comportant les données de leurs activités au centre de santé de leur aire sanitaire. Ces rapports permettent au Chef de Poste, avec l’assistance technique de l’activité, de présenter des résultats des programmes et d’évaluer le travail de chaque relai avant l’envoi des rapports au Point focal santé de la commune. Le Point focal contrôle alors la conformité de ces pièces justificatives et approuve le paiement pour chaque personne. Grâce au travail effectué par l’ensemble des parties prenantes, les 290 relais communautaires des communes ayant déjà obtenu les fonds FADeC santé communautaire ont reçu un paiement pour tous les quatre trimestres de l’année 2020.

Affichant sa satisfaction par rapport au travail effectué, le maire de Matéri indique ainsi : « Avant l’intervention de l’activité, la mairie de Matéri était déconnectée des activités relatives à la santé communautaire. […] La mairie n’avait pas connaissance des données de santé communautaire. Mais depuis déjà 2019, la mairie de Matéri a eu l’appui de l’Activité de Services de Santé Intégrés de l’USAID en matière de renforcement de capacité du personnel sur la santé communautaire. Ce renforcement a permis à la mairie de suivre les activités. […] La commune de Matéri a pris à cœur désormais ces interventions communautaires et en a fait une priorité. »